IS ou IR : quel régime fiscal choisir pour sa société ?
IS à 25 % ou IR au barème progressif ? Comparatif complet des deux régimes fiscaux pour les sociétés en 2026 : taux, avantages, inconvénients et cas pratiques.
Le choix entre l'impôt sur les sociétés (IS) et l'impôt sur le revenu (IR) est l'une des décisions fiscales les plus structurantes pour un entrepreneur. Ce choix impacte directement votre imposition, votre rémunération et la distribution des bénéfices. Voici le comparatif complet pour faire le bon choix en 2026.
Sommaire
IS et IR : principes fondamentaux
L'impôt sur les sociétés (IS)
Avec l'IS, c'est la société qui est imposée sur ses bénéfices (barèmes détaillés sur impots.gouv.fr). Les associés ne sont imposés personnellement que lorsqu'ils perçoivent des revenus de la société : rémunération (traitements et salaires) ou dividendes (revenus de capitaux mobiliers).
C'est un système de double imposition : le bénéfice est d'abord taxé au niveau de la société (IS), puis le dividende distribué est taxé au niveau de l'associé (PFU ou barème IR).
L'impôt sur le revenu (IR)
Avec l'IR, les bénéfices de la société sont directement imposés entre les mains des associés, proportionnellement à leur participation, qu'ils soient distribués ou non. La société est dite translucide fiscalement.
C'est un système d'imposition unique : les bénéfices ne supportent qu'un seul niveau d'imposition, au barème progressif de l'impôt sur le revenu de chaque associé.
| Critère | IS | IR |
|---|---|---|
| Qui est imposé ? | La société | Les associés |
| Base d'imposition | Bénéfice de la société | Quote-part du bénéfice par associé |
| Taux | 15 % puis 25 % (fixe) | 0 % à 45 % (progressif) |
| Bénéfices non distribués | Taxés uniquement à l'IS | Taxés chez l'associé même non perçus |
| Report des déficits | En avant (sans limite de durée) | Sur le revenu global de l'associé (selon la catégorie de revenus) |
Les taux d'imposition en 2026
Taux de l'IS
| Tranche de bénéfice | Taux IS | Conditions |
|---|---|---|
| Jusqu'à 42 500 EUR | 15 % (taux réduit PME) | CA < 10 M EUR, capital libéré, 75 % personnes physiques |
| Au-delà de 42 500 EUR | 25 % | Taux normal |
Barème de l'IR 2026 (revenus 2025, par part fiscale)
| Tranche de revenu imposable | Taux marginal | Impôt cumulé (1 part) |
|---|---|---|
| Jusqu'à 11 600 EUR | 0 % | 0 EUR |
| De 11 601 EUR à 29 579 EUR | 11 % | 1 978 EUR |
| De 29 580 EUR à 84 577 EUR | 30 % | 18 477 EUR |
| De 84 578 EUR à 181 917 EUR | 41 % | 58 386 EUR |
| Au-delà de 181 917 EUR | 45 % | Variable |
Rappel : le barème de l'IR s'applique au revenu par part fiscale (quotient familial). Un couple marié avec 2 enfants dispose de 3 parts, ce qui divise le revenu imposable par 3 avant application du barème.
Qui peut choisir entre IS et IR ?
Régime par défaut et options
| Forme juridique | Régime par défaut | Option possible | Caractéristique de l'option |
|---|---|---|---|
| SAS / SASU | IS | IR (temporaire 5 ans) | Conditions de taille |
| SARL (pluripersonnelle) | IS | IR (temporaire 5 ans) | Conditions de taille |
| EURL (associé unique PP) | IR | IS | Révocable jusqu'au 5e exercice, puis définitif |
| SCI | IR | IS | Révocable jusqu'au 5e exercice, puis définitif |
| SARL de famille | IS | IR (sans limite de durée) | Activité commerciale |
| SA | IS | IR (temporaire 5 ans) | Conditions de taille |
| SNC | IR | IS | Révocable jusqu'au 5e exercice, puis définitif |
| Micro-entreprise | IR | Pas de choix IS | — |
L'option pour l'IS : révocable pendant 5 ans, puis définitive
Lorsqu'une société à l'IR (EURL, SCI, SNC) opte pour l'IS, elle peut renoncer à cette option jusqu'au cinquième exercice suivant celui au titre duquel elle l'a exercée. Passé ce délai, l'option devient définitive et irrévocable, et une société qui y a renoncé ne peut plus opter à nouveau pour l'IS. Il convient donc de bien mesurer les conséquences avant d'opter.
L'option pour l'IR : temporaire
Les sociétés normalement à l'IS (SA, SAS, SARL) peuvent opter pour l'IR pour une durée maximale de 5 exercices (article 239 bis AB du CGI). Cette option est soumise à conditions : société de moins de 5 ans, moins de 50 salariés, chiffre d'affaires ou total de bilan inférieur à 10 millions d'euros.
Avantages et inconvénients de chaque régime
Comparatif synthétique
| Critère | IS | IR |
|---|---|---|
| Maîtrise de la trésorerie | Les bénéfices non distribués restent en société | L'associé paie l'impôt même sans distribution |
| Prévisibilité | Taux fixe (15/25 %) | Dépend du revenu global de l'associé |
| Optimisation rémunération | Arbitrage salaire/dividendes possible | Pas d'arbitrage |
| Déductibilité salaire dirigeant | Oui, charge déductible | Pas de déduction (rémunération = bénéfice) |
| Report des déficits | En avant illimité, en arrière 1 an | Sur le revenu global de l'associé (selon la catégorie de revenus) |
| Plus-values immobilières (SCI) | IS + PFU, pas d'abattement | Abattement durée détention, exonération 22-30 ans |
| Obligations comptables | Bilan complet, liasse fiscale | Simplifiées (sauf SCI à l'IS) |
| Double imposition | Oui (IS + PFU/IR sur dividendes) | Non (imposition unique) |
Simulation chiffrée : IS vs IR selon le bénéfice
Bénéfice de 30 000 EUR — Célibataire sans autre revenu
| Élément | IS | IR |
|---|---|---|
| Bénéfice | 30 000 EUR | 30 000 EUR |
| Imposition | IS 15 % = 4 500 EUR | IR : ~2 104 EUR (barème 2026, 1 part) |
| Net après impôt (en société / chez l'associé) | 25 500 EUR en société | ~27 896 EUR chez l'associé |
| Si distribution totale en dividendes | PFU 31,4 % x 25 500 = 8 007 EUR => net 17 493 EUR | Déjà imposé, net = ~27 896 EUR |
| Net final associé | ~17 493 EUR | ~27 896 EUR |
| Verdict | IR nettement plus avantageux |
Bénéfice de 80 000 EUR — Célibataire sans autre revenu
| Élément | IS | IR |
|---|---|---|
| Bénéfice | 80 000 EUR | 80 000 EUR |
| Imposition | 15 % sur 42 500 + 25 % sur 37 500 = 15 750 EUR | IR : ~17 104 EUR (barème 2026, 1 part) |
| Net après impôt | 64 250 EUR en société | ~62 896 EUR chez l'associé |
| Si distribution totale | PFU 31,4 % x 64 250 = 20 175 EUR => net 44 075 EUR | Déjà imposé, net = ~62 896 EUR |
| Si réinvestissement en société | 64 250 EUR disponibles | ~62 896 EUR chez l'associé (mais impôt payé) |
| Verdict | IS avantageux si réinvestissement | IR avantageux si tout percevoir |
Bénéfice de 150 000 EUR — Couple marié, 2 enfants (3 parts)
| Élément | IS | IR |
|---|---|---|
| Bénéfice | 150 000 EUR | 150 000 EUR |
| Imposition | 15 % sur 42 500 + 25 % sur 107 500 = 33 250 EUR | IR : ~27 600 EUR (3 parts, après plafonnement du quotient familial) |
| Net après impôt | 116 750 EUR en société | ~122 400 EUR chez les associés |
| Si distribution totale | PFU 31,4 % = ~36 660 EUR => net ~80 090 EUR | Déjà imposé |
| Verdict | IS avantageux si capitalisation | IR avantageux si perception intégrale |
> Bon à savoir : le choix entre IS et IR n'est pas uniquement une question de taux. L'IS permet de lisser la rémunération dans le temps via l'arbitrage salaire/dividendes, ce qui peut être précieux pour les activités à revenus irréguliers.
Cas pratiques : quel régime pour quelle situation ?
Cas 1 : EURL de consultant, bénéfice 25 000 EUR
Verdict : l'IR est plus avantageux. Le bénéfice modéré et l'absence d'autre revenu significatif placent l'associé dans les tranches basses du barème. L'IR par défaut convient parfaitement.
Cas 2 : SAS en croissance, bénéfice 150 000 EUR, réinvestissement
Verdict : l'IS est nettement plus avantageux. Le dirigeant peut se verser un salaire modéré, laisser les bénéfices en société pour financer la croissance, et distribuer des dividendes uniquement selon ses besoins personnels.
Cas 3 : SCI patrimoniale familiale, revenus fonciers 15 000 EUR
Verdict : l'IR est préférable pour une stratégie de transmission à long terme. Les plus-values de cession de l'immeuble bénéficient d'abattements pour durée de détention (exonération totale après 22 ans pour l'IR et 30 ans pour les prélèvements sociaux). À l'IS, la plus-value serait calculée sur la valeur nette comptable après amortissement, sans abattement.
L'option IR pour les sociétés à l'IS
Les SA, SAS, SASU et SARL de moins de 5 ans peuvent opter temporairement pour l'IR (article 239 bis AB du CGI). Cette option est intéressante dans les premières années d'activité lorsque la société est déficitaire : les pertes sont imputables sur les revenus personnels des associés.
Conditions cumulatives :
L'option est formulée auprès du service des impôts des entreprises dans les 3 premiers mois de l'exercice concerné.
Calendrier type des obligations fiscales
| Régime | Obligation | Échéance | Formulaire |
|---|---|---|---|
| IS | Acomptes trimestriels | 15 mars, 15 juin, 15 sept, 15 déc | Téléréglement sur impots.gouv.fr |
| IS | Liasse fiscale | 2e jour ouvré après le 1er mai (+15 jours en ligne : 20 mai en 2026) | 2065 + annexes |
| IS | Solde d'IS | 15 mai | Téléréglement |
| IR | Déclaration de revenus | Mai-juin | 2042 + 2042 C PRO |
| IR | Acomptes IR (prélèvements mensuels) | Mensuel | Prélèvement automatique |
Erreurs fréquentes à éviter
1. Opter pour l'IS sans en mesurer les conséquences : pour une EURL ou une SCI, le retour à l'IR n'est possible que jusqu'au cinquième exercice suivant l'option ; ensuite, le passage à l'IS est définitif. Si la situation évolue plus tard (baisse des revenus, cession du bien immobilier), il n'est plus possible de revenir à l'IR.
2. Comparer IS et IR sur le seul critère du taux : le taux de l'IS (15-25 %) semble plus faible que le taux marginal de l'IR (30-45 %), mais il faut ajouter le PFU sur les dividendes pour comparer correctement.
3. Oublier l'impact sur les plus-values (SCI) : à l'IS, les plus-values immobilières sont calculées sur la valeur nette comptable (après amortissement), ce qui peut générer une plus-value très élevée même si le bien n'a pas pris de valeur.
4. Ne pas anticiper la régularisation IR : à l'IR, les bénéfices de la société augmentent le revenu fiscal de référence, ce qui peut avoir un impact sur les aides sociales (APL, bourses, etc.) et les prélèvements sociaux.
Checklist : choisir son régime fiscal
Mon Bureau Formalités vous aide à choisir le bon régime fiscal dès la rédaction de vos statuts. Le régime retenu (IS ou IR) est déclaré dans votre dossier d'immatriculation. Créer ma société
À lire aussi : Dividendes vs salaire en SASU | TVA : régimes, taux, déclarations | Comptabilité des sociétés : obligations légales
FAQ
Peut-on changer de régime fiscal après la création ?
Oui, mais avec des limites. Le passage de l'IR à l'IS peut être dénoncé jusqu'au cinquième exercice suivant l'option, puis devient irrévocable. Le passage de l'IS à l'IR est temporaire (5 ans maximum) et soumis à conditions.
Les dividendes sont-ils toujours taxés à 31,4 % ?
Le PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) est le régime par défaut. L'associé peut opter pour le barème progressif de l'IR si c'est plus avantageux (notamment si son taux marginal est inférieur à 12,8 %). L'option est globale : elle s'applique à tous les revenus de capitaux mobiliers.
L'IS est-il toujours plus avantageux que l'IR ?
Non. Pour les bénéfices faibles (inférieurs à 30 000-40 000 EUR) et les contribuables dans les premières tranches du barème, l'IR peut être plus avantageux. Le choix dépend du montant des bénéfices, de la situation familiale et de la stratégie de distribution.
Quel est le seuil de basculement IS/IR ?
Il n'existe pas de seuil universel. En ordre de grandeur, l'IS devient plus avantageux à partir de 40 000-60 000 EUR de bénéfice pour un célibataire, et 70 000-100 000 EUR pour un couple avec enfants. Une simulation personnalisée est indispensable.
L'option IR permet-elle d'imputer les déficits sur ses autres revenus ?
Oui, c'est l'un des principaux intérêts de l'IR. Les déficits de la société sont imputables sur le revenu global de l'associé (dans la limite de 10 700 EUR/an pour les déficits fonciers en SCI à l'IR).
Article rédigé et édité par Mon Bureau Formalités (MBFD), cabinet 3A Réunion — Sainte-Clotilde, La Réunion.
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